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Hélène Stanton

Un peintre poète

Du mardi 27 avril au dimanche 9 mai de 10h00 à 17h00
Vernissage le mardi 27 avril à 18h00
Peindre, c'est un peu se confesser, mais en avouant ses délices et non ses péchés. Il y a bien longtemps, j'ai décidé d'abandonner la peinture, parce que mes délices, je le savais, n'étaient ni assez vifs, ni assez profonds pour mériter d'être confesser à d'autres. Et pourtant, plus tard, mes plus riches heures, les plus pleines aussi, ont été celles que j'ai passées à écouter la confession des vrais artistes.
Certains, même les plus grands, se sont spécialisés dans la peinture des beautés qui réjouissent la vue, seulement, passionnés qu'ils étaient par le spectacle de la vie. Je les admire, les Courbet, les Constable, les Vélasquez... mais ils m'ont rarement ému : ce ne sont pas mes artistes.
D'autres méditent, après avoir “vu“. Leurs confessions ont le rythme de la poésie. Pour eux, le monde visible n'est qu'un point de départ pour un voyage de leur esprit, qu'ils traduiront en formes et en couleurs. Ce qu'ils ont vu passe dans le creuset créateur de leur sensibilité et se transforme.

Pour de tels artistes, je pense à Piero Cosimo, à Giorgione, à Watteau et Turner, et particulièrement à Turner, c'est du coeur que viennent leurs aveux. A cette brève liste de peintres, j'ajouterais volontiers Hélène Stanton dont je suis depuis plusieurs années le travail avec respect et, même, plus que du respect.
Elle aussi, appartient à la famille de ceux qui transforment et qui, ce faisant, laissent entendre un chant plutôt que de sèches paroles. Je me demande souvent, en contemplant ses oeuvres les plus importantes, ce qui les rend aussi éloquentes. Maintenant qu'elle est sur le point de présenter au public une partie de ses toiles, je suis ravi d'avoir l'occasion de m'expliquer à moi-même, pourquoi sa peinture et, particulièrement ce qu'elle exprime, me touche si profondément.
Les Chinois disaient qu'il faut une semaine pour peindre une mon­tagne : six jours, pour contempler, admirer, méditer... une heure, alors, suffira pour peindre le tableau. Ce n'est pas la manière habituelle de nos peintres occidentaux, mais c'est celle, ou presque, d'Hélène Stanton. Si elle n'était pas capable de cette patiente méditation, de cette lente absorption qui transforme la prose en poésie, elle ne pourrait pas peindre. Etant poète, elle a compris le message des artistes chinois. Elle n'imite pas leurs méthodes mais elle partage leur large panthéisme. Elle a la sensibilité orientale, mais pas le détachement.
Mais Turner, que j'ai toujours considéré comme un faiseur de miracles, qui peut gronder avec l'orage, s'identifier à la montagne, chanter avec l'étoile du soir, transformer notre monde réel en une chatoyante féerie, ce Turner magicien est son vrai maître. C'est par lui qu'elle a appris à rêver et à traduire ce rêve en couleurs et en lumière, sans en oublier la réalité.

Il n'y a pas très longtemps, on considérait Turner comme un peintre qui exprime des sentiments forcés. Mais Hélène Stanton, avec son sentiment très vif de la diversité de la nature a vite compris qu'il n'en est rien. Turner est un passionné, mais il pose sur les choses, un regard vif comme celui de l'aigle. H. Stanton a le même regard, adorateur, mais lucide. C'est pourquoi, sa peinture est à la fois, émouvante et vraie. Elle aussi est capable de dépasser la réalité du monde, et de nous rendre ce même monde, transformé, évanescent, chatoyant...
C'est ce que ressentiront les spectateurs qui voudront bien poser un regard attentif sur l'oeuvre d'Hélène Stanton.
On a dit d'elle qu'elle était peintre et poète et c'est vrai : car, sa peinture, d'une façon discrète mais sûre, pénètre au plus profond de nous-même.

Eric Newton


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